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Quelles alternatives au sucre pour nos kids ?

Lise 9 novembre 2018 Food
crédit photo Pinterest

Il est autant pointé du doigt et diabolisé par les autorités sanitaires, la presse et le mouvement healthy, qu’il est chéri et adulé par nos têtes blondes.
Il serait inutile voire toxique, aussi addictif qu’une drogue et serait responsable de l’obésité et de tous les problèmes de santé qui y sont liés. Vous l’aurez compris, il s’agit du sucre.

Si la vérité est moins effrayante, il n’en demeure pas moins que nos chers enfants ont tendance à en consommer plus qu’il n’en faut, et que c’est dès leur plus jeune âge que nous avons intérêt à les habituer à manger moins sucré.

Car oui, le sucre est addictif, et plus précisément le glucose (que l’on retrouve dans les confiseries et les boissons sucrées) et le saccharose (sucre blanc mais aussi roux, en poudre ou en morceau), qui pêchent par leur index glycémique très élevé.

Quid de l’index glycémique (IG) ?

C’est lui qui est responsable du caractère addictif des aliments sucrés. Plus il est haut, plus il élève rapidement et fortement le taux de sucre du sang (glycémie), provoquant un pic de glycémie.

Et c’est là que le bas blesse puisque, qui dit pic de glycémie dit pic d’insuline (l’hormone qui permet à la glycémie de retomber à un niveau normal, en évacuant le sucre du sang). Mais lorsqu’elle est sécrétée en rush, l’insuline est « trop » efficace et diminue tellement la glycémie sanguine qu’elle aboutit à l’excès inverse et provoque une hypoglycémie réactionnelle.
Et qui dit hypoglycémie dit nouvelle fringale de sucre.

Deuxième effet kisscool (team 80’s) de l’insuline : c’est une hormone qui favorise le stockage des graisses, à plus forte raison lorsqu’elle est sécrétée en pic.
Pour résumer : manger sucré (à IG élevé), provoque des pics de glycémies, puis d’insuline et de nouveau une fringale, avec à la clé une prise de masse grasse.

Ce mouvement perpétuel peut être rompu en diminuant sa consommation de sucre à IG élevé, et en le remplaçant dès que possible par d’autres à IG plus bas.

Les alternatives au sucre (bonnes et moins bonnes) 

Le fructose

C’est le sucre issu des fruits, il a – sur le papier – tout pour plaire … ou presque !

Un pouvoir sucrant supérieur au sucre, ce qui signifie que l’on peut l’utiliser en moindre quantité, un index glycémique naturellement très bas et une origine complètement naturelle.

Pourtant, le fructose est controversé dans le milieu de la santé, car il est accusé – lorsqu’il est consommé trop régulièrement – de favoriser le syndrome métabolique (diabète de type 2, triglycérides sanguins).

Un sucre moins addictif donc, mais potentiellement moins bons pour la santé cardio-vasculaire lorsqu’il est consommé en excès. Dans le doute, on n’adopte donc pas le fructose pour remplacer le sucre de façon systématique, mais on peut le proposer à nos enfants en substitut occasionnel.

Le sucre de fleur de coco

Comme son nom l’indique, il est issu de la sève de la fleur du cocotier. Le sucre de fleur de coco a une jolie couleur brune, proche de la cassonade et un léger goût de caramel. Contrairement au saccharose, il contient des éléments nutritifs : polyphénols (antioxydants), du potassium, du zinc et du fer. Son IG est très bas (25 seulement) contre 70 pour le sucre blanc.
Pour la petite histoire, Gandhi l’appelait « le contrepoison de la misère » car sa récolte garantie des revenus aux populations locales très pauvres.

Le sucre de fleur de coco existe également sous forme de sirop de fleur de coco, qui en garde les mêmes qualités nutritives et le même pouvoir sucrant. Son goût assez prononcé peut surprendre certains enfants, mais généralement ils s’y habituent assez rapidement.

Voici donc une alternative au sucre de premier choix !

La sève de kitul

Késako le kitul ? C’est la fleur d’un palmier qui pousse au Sri lanka et au sud de l’Inde. On extrait de sa tige une sève brune au fort pouvoir sucrant, tout en étant moins calorique que le saccharose. La sève du Kitul apporte en effet 300 calories au 100g contre 400 pour le saccharose (sucre blanc ou roux).

Au delà de sa valeur calorique moindre, la sève de Kitul est riche en minéraux (calcium, fer) et en vitamines (C, B1 et B12),  possède un IG très bas et une saveur gourmande rappelant celle du caramel. Bref, la sève de Kitul a tout bon!

Le miel d’acacia

Non, tous les miels ne se valent pas, loin s’en faut !

Certains sont plus riches en fructose et d’autres en glucose, et c’est le ratio glucose/fructose qui va déterminer l’IG d’un miel, puisque – si vous suivez – le fructose possède un IG naturellement bas, alors que celui du glucose est le plus élevé qui soit (100).

Mais comment savoir si un miel est plus riche en fructose ou en glucose? C’est simple : le fructose est liquide à température ambiante, alors que le glucose cristallise. Ainsi, un miel liquide aura un IG bas, à l’image du miel d’acacia (IG 35), alors qu’un miel solide aura plutôt un IG élevé, comme le miel mille fleurs (IG 80).

Le miel d’acacia est donc un choix intéressant, puisqu’il sucre efficacement sans provoquer de pic d’insulines. Côté compo, du fructose en quantité raisonnable pour ne pas pâtir de ses « effets secondaires ». Et côté goût, le miel a le mérite de plaire quasi systématiquement aux palais délicats de nos kids !

Le sirop d’agave

Issue de la sève d’agave, une plante originaire du Mexique, le sirop d’agave a eu son heure de gloire avant d’être largement décrié.

Il était vendu comme un sucre naturel, à l’index glycémique bas et au fort pouvoir sucrant, mais la réalité est toute autre, puisqu’à défaut d’être naturel, il est en réalité chauffé à très haute température puis filtré pour avoir le goût sucré qu’on lui connait. Par ailleurs, son pouvoir sucrant n’est pas plus élevé que celui du sucre et surtout, dernier point noir : sa très forte teneur en fructose (près de 80%) qui lui confère les mêmes inconvénients pour la santé que le fructose pur.

Mais n’oublions pas que s’il peut-être intéressant de remplacer le saccharose de la table familiale par un substitut moins « mauvais », l’idéal reste avant tout de réduire tant que possible la consommation de sucre, sucreries, sodas et boissons sucrées de nos enfants !

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